Prouvost représente la Mère Meuse comme une figure hybride : mi-femme, mi-créature sous-marine, avec un ventre de femme enceinte, des bras en forme de tentacules et des oiseaux en bronze nichant sur ses bras. Telle une mère protectrice, elle entoure une montagne de gravier de la Meuse, issu du même sous-sol que celui du lac. Le gravier fait référence au passé minier, mais prend ici une nouvelle signification en tant que symbole de soin, de connexion et d’ancrage dans le paysage. Avec son tentacule, elle enfonce un drapeau dans la montagne de gravier, avec les mots Oui dream jusqu’à la fin. Ce drapeau reste visible même lorsque le lac est en crue à marée haute.
Ainsi, l’œuvre d’art suit littéralement la dynamique de l’environnement. L’emplacement n’a pas été choisi par hasard. Cet endroit se trouve près de la « fin de la Belgique », un point de frontière symbolique où la nature, l’histoire et les paysages se rejoignent.
Prouvost, elle-même originaire d’une région frontalière franco-belge, joue souvent avec le multilinguisme et le glissement de sens dans son travail. « Oui sonne comme nous », explique-t-elle. « Le drapeau exprime l’espoir que nous continuions à rêver ensemble – jusqu’à la fin. « Le choix d’une figure de demi-pieuvre s’inscrit dans un thème récurrent de l’œuvre de Laure Prouvost. Une pieuvre a plusieurs cœurs et n’a pas de cerveau central. Ses sens et son cerveau sont situés dans ses tentacules. Elle pense en sentant et sent en pensant. En associant ces caractéristiques à une forme humaine, Laure Prouvost nous invite à regarder, penser et ressentir différemment.